Eckhart Tolle


Eckhart Tolle est né en 1948 à Lünen, Allemagne. Son parcours n’est pas celui d’un érudit traditionnel, mais celui d’un homme passé par une transformation radicale. Après des études à l’Université de Londres et à Cambridge, Angleterre, il traverse une profonde crise dépressive et suicidaire qui aboutit, à l’âge de 29 ans, à une dissolution brutale de son ancienne identité. Cette expérience d’éveil, survenue à Londres, marque le début de son enseignement sur la nature de la conscience. Installé à Vancouver, Canada, depuis 1995, il est devenu l’un des guides spirituels les plus lus au monde. Son approche, dénuée de dogmes religieux, synthétise la sagesse orientale et la psychologie moderne pour offrir une méthode pratique de libération du mental. Ses ouvrages majeurs, Le Pouvoir du moment présent et Nouvelle Terre, ont transformé la vie de millions de lecteurs en les initiant à la présence.

Note personnelle

Concepts clés

Le moment présent

C’est le cœur de l’enseignement de Tolle : le seul moment qui existe réellement est « maintenant ». Notre mental passe pourtant son temps à s’échapper dans le passé — regrets, souvenirs — ou dans le futur — inquiétudes, attentes —, ce qui crée une souffrance inutile. En ramenant notre attention totale sur ce que nous faisons ou ressentons à l’instant même, nous coupons court au stress. Le présent est la porte d’entrée vers une paix profonde et notre véritable nature.

L’ego et le mental

Tolle définit l’ego comme un « faux moi » construit par nos pensées. C’est cette voix dans notre tête qui juge tout, se compare sans cesse et cherche à s’identifier à nos biens, notre statut ou notre histoire personnelle pour se sentir exister. L’ego a besoin de problèmes pour survivre et vit dans une peur constante. Se libérer ne signifie pas arrêter de penser, mais comprendre que nous ne sommes pas nos pensées — nous sommes la conscience qui les observe.

Le corps de souffrance

Le corps de souffrance est un réservoir émotionnel en nous, rempli de toutes les douleurs non résolues du passé depuis l’enfance. Il reste souvent endormi, mais se réveille dès qu’une situation nous contrarie pour se « nourrir » de pensées négatives et de conflits. Tolle enseigne que pour le dissoudre, il ne faut pas lutter contre lui, mais simplement observer la sensation physique de la douleur dès qu’elle surgit. En restant présent face à cette émotion sans l’analyser, on lui retire son pouvoir.

La conscience pure — l’Être

Au-delà de notre nom, de notre forme physique et de nos souvenirs, se trouve ce que Tolle appelle « l’Être » ou la conscience pure. C’est notre état naturel de paix que nous avons perdu à force de trop réfléchir. On ne peut pas le comprendre avec l’intelligence, mais on peut le ressentir dès que le mental devient silencieux. C’est cette sensation de vie intérieure, immobile et paisible, qui nous relie à tout ce qui existe.

Extraits

Le Pouvoir du moment présent — Guide d’éveil spirituel

Éditions Ariane, Montréal, Canada, 2000

L’illumination

« Le terme « illumination » évoque l’idée d’un accomplissement surhumain, et l’ego aime s’en tenir à cela. Mais l’illumination est tout simplement votre état naturel, la sensation de ne faire qu’un avec l’Être. (…) L’illumination c’est trouver votre vraie nature au-delà de tout nom et de toute forme. »

— p. 10

Calmer le mental

« (…) l’Être vous est accessible immédiatement et représente votre moi le plus profond, votre vraie nature. (…) Vous pouvez l’appréhender seulement lorsque votre « mental » s’est tu. Quand vous êtes présent, quand votre attention est totalement et intensément dans le présent, vous pouvez sentir l’Être. Mais vous ne pouvez jamais le comprendre mentalement. »

— p. 11

« Quand la conscience se libère de son identification aux formes physiques et mentales, elle devient ce que l’on pourrait qualifier de conscience pure ou illuminée, ou encore de présence. »

— p. 97

Le terme « péché » a été galvaudé

« Au cours des siècles, par ignorance, à cause d’un malentendu ou d’un besoin de contrôle, on a attribué à des termes tels que celui de péché de nombreux points de vue et interprétations erronés. Par contre, ces mots renferment un noyau de vérité. (…) si un mot ne vous convient plus, laissez-le tomber et remplacez-le par un autre qui fonctionne mieux pour vous. Si vous n’aimez pas le mot péché, dites inconscience ou folie. »

— p. 104–105

Le terme « Dieu » a été galvaudé

« Le mot « Dieu » s’est vidé de son sens, car on en a abusé pendant des millénaires. (…) Cet abus d’emploi a donné naissance, par l’ego, à d’absurdes croyances, affirmations et illusions (…). Le mot « Dieu » est devenu un concept fermé. »

— p. 11

L’ego

« Le terme « ego » signifie diverses choses pour différentes gens, mais quand je l’utilise ici, il désigne le faux moi créé par l’identification inconsciente au mental. Aux yeux de l’ego, le moment présent n’existe quasiment pas, car seuls le passé et le futur lui importent. Sa préoccupation est de toujours maintenir le passé en vie, car sans lui qui seriez-vous ? Il se projette constamment dans le futur pour assurer sa survie (…). Même quand l’ego semble se préoccuper du présent, (…) il le perçoit de façon totalement déformée, car il le regarde avec les yeux du passé. »

— p. 20

« (…) l’ego (…) cherche à s’identifier à des objets extérieurs. (…) Les choses auxquelles il s’identifie le plus communément sont les biens matériels, le statut social, la reconnaissance sociale, les connaissances et l’éducation, l’apparence physique, les aptitudes particulières, les relations, l’histoire personnelle et familiale, les systèmes de croyances et souvent, aussi, les formes d’identification collective (…). »

— p. 43

« Les besoins de l’ego sont infinis. Comme celui-ci se sent vulnérable et menacé, il vit dans un état de peur et de besoin. »

— p. 45

Vivre dans le futur

« Malaise, anxiété, tension, stress, inquiétude, toutes des formes de peur, sont occasionnés par trop de futur et pas assez de présence. »

— p. 58

« Vous ne pouvez être libre dans le futur. Puisque la clé de la liberté, c’est la présence, vous ne pouvez être libre que dans l’instant présent. »

— p. 59

Le mental

« Votre mental est un outil, un instrument qui est là pour servir à l’accomplissement d’une tâche précise. Une fois cette tâche effectuée, vous déposez votre outil. (…) environ quatre-vingt à quatre-vingt-dix pour cent de la pensée chez l’humain est non seulement répétitive et inutile, mais aussi en grande partie nuisible en raison de sa nature souvent négative et dysfonctionnelle. »

— p. 19

« Le mental n’est pas dysfonctionnel en lui-même, c’est un outil merveilleux. Le dysfonctionnement s’installe quand vous y cherchez votre moi et que vous le prenez pour vous. Il devient alors l’ego et prend totalement le contrôle de votre vie. »

— p. 46

« En fait, le temps et le mental sont indissociables. »

— p. 31

« (…) pour fonctionner en ce monde, nous avons besoin du mental ainsi que du temps. Mais vient un moment où ils prennent le contrôle de notre vie, et c’est alors que s’installent le dysfonctionnement, la souffrance et le chagrin. »

— p. 32

Le monde actuel

« Votre périple n’est plus une aventure, mais seulement un besoin obsessionnel d’arriver quelque part, d’atteindre quelque chose, de réussir. Vous ne voyez ni ne sentez plus les fleurs sur le bord du chemin (…). »

— p. 55

« La pollution de la planète n’est qu’un reflet extérieur d’une pollution psychique intérieure, celle de millions d’individus inconscients qui ne prennent pas la responsabilité de leur vie intérieure. »

— p. 75–76

« (…) tant que vous êtes contrôlé par le mental, et donc par l’ego, vous prenez part à la folie collective. (…) Ouvrez les yeux. Voyez la peur, le désespoir, l’avidité et la violence qui sont omniprésents. Voyez la cruauté odieuse et la souffrance que, à une échelle inimaginable, des humains se sont infligées et s’infligent encore les uns aux autres ainsi qu’à d’autres formes de vie sur la planète. (…) C’est cela le péché. C’est cela la folie. C’est cela l’inconscience. Et par-dessus tout, n’oubliez pas d’observer votre propre mental. Cherchez-y la racine de la folie. »

— p. 105

« Vous êtes le seul et unique responsable de votre vie intérieure et vous êtes aussi responsable de la planète. Il en va de l’extérieur comme de l’intérieur. Si les humains se débarrassent de leur pollution intérieure, ils cesseront également de polluer le monde. »

— p. 76

La guérison — le corps — l’instant présent

« La guérison et la rédemption sont à notre disposition à tout instant. »

— p. 78

« Le corps visible et tangible ne peut vous amener à l’Être. Ce n’est qu’une enveloppe, ou plutôt une perception limitée et déformée d’une réalité plus profonde. (…) Alors, « habiter son corps », c’est sentir le corps de l’intérieur, sentir la vie en vous et, par conséquent, découvrir que vous êtes autre chose au-delà de la forme extérieure. »

— p. 106

« (…) l’instant présent est l’unique point de référence qui puisse vous transporter au-delà des frontières limitées du mental. Il est votre seul point d’accès au royaume intemporel et sans forme de l’Être. »

— p. 47

Le problème : l’identification au mental

« Plus vous vous identifiez à vos pensées, à vos goûts, à vos jugements et à vos interprétations, c’est-à-dire moins vous êtes présent en tant que conscience qui observe, plus grande sera la charge émotionnelle. »

— p. 23

« L’identification au mental crée chez vous un écran opaque de concepts, d’étiquettes, d’images, de mots, de jugements et de définitions qui empêchent toute vraie relation. Cet écran s’interpose entre vous et vous-même, entre vous et votre prochain, entre vous et la nature, entre vous et le divin. »

— p. 13

« Prenez l’habitude de vous poser la question suivante : « Qu’est-ce qui se passe en moi en ce moment ? » Elle vous indiquera la bonne direction. Mais n’analysez pas. Contentez-vous d’observer. »

— p. 24

Souffrance et fin de la souffrance

« Il existe deux types de souffrance : celle que vous créez maintenant et la souffrance passée qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre esprit. »

— p. 29

« La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est. »

— p. 31

« (…) plus on est à même de respecter et d’accepter le moment présent, plus on est libéré de la douleur, de la souffrance et du mental. »

— p. 31

« Vous réussirez à vous libérer de cette souffrance seulement à partir du moment où vous cesserez d’assimiler le sens de votre moi à l’identification mentale, c’est-à-dire l’ego. À partir de ce moment-là, le mental est destitué de sa position de pouvoir et votre vraie nature fleurit par l’Être qui apparaît. »

— p. 25–26

« La douleur et la souffrance sont inévitables tant et aussi longtemps que vous êtes identifiés à votre mental, c’est-à-dire inconscient spirituellement parlant. »

— p. 28

« À l’affirmation : « l’instant présent est parfois inacceptable, désagréable ou affreux », Eckhart Tolle répond : Il est comme il est. Observez de quelle façon le mental l’étiquette et à quel point ce processus d’étiquetage, cette continuelle attitude de jugement, crée chagrin et tourment. En regardant attentivement les rouages du mental, vous sortez de ces schèmes de résistance et pouvez ensuite laisser le moment présent être. (…) Puis, voyez ce qui arrive et passez à l’action si nécessaire ou possible. »

— p. 33

Le corps de souffrance

« (…) chaque souffrance émotionnelle que vous éprouvez laisse derrière elle un résidu. Celui-ci fusionne avec la douleur du passé, qui était déjà là, et se loge dans votre mental et votre corps. Bien sûr, cette souffrance comprend celle que vous avez éprouvée enfant, causée par l’inconscience du monde dans lequel vous êtes né. Cette souffrance accumulée est un champ d’énergie négative qui habite votre corps et votre mental. (…) Il s’agit du corps de souffrance émotionnelle. Un corps de souffrance peut être latent quatre-vingt-dix pour cent du temps. Chez une personne profondément malheureuse, cependant, il peut être actif tout le temps. (…) Certains corps de souffrance mènent leur hôte au suicide. »

— p. 34

« En fait, le corps de souffrance, qui est l’ombre de l’ego, craint la lumière de votre conscience. Il a peur d’être dévoilé. Sa survie dépend de votre identification inconsciente à celui-ci et de votre peur inconsciente d’affronter la douleur qui vit en vous. Mais si vous ne vous mesurez pas à elle, si vous ne lui accordez pas la lumière de votre conscience, vous serez obligé de la revivre sans arrêt. Le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre que vous ne pouvez supporter de regarder, mais je vous assure que c’est un fantôme minable qui ne fait pas le poids devant le pouvoir de votre présence. »

— p. 35–36

« L’attention consciente soutenue rompt le lien entre le corps de souffrance et les processus de la pensée. C’est ce qui amène la métamorphose. (…) Voilà la signification ésotérique de l’art ancien de l’alchimie : la transmutation du vil métal en or, de la souffrance en conscience. »

— p. 38

« Permettez-moi de résumer le processus. Concentrez votre attention sur le sentiment qui vous habite. Sachez qu’il s’agit du corps de souffrance. Acceptez le fait qu’il soit là. N’y pensez pas. Ne transformez pas le sentiment en pensée. Ne la jugez pas. Ne l’analysez pas. Ne vous identifiez pas à lui. Restez présent et continuez d’être le témoin de ce qui se passe en vous. Devenez conscient (…) de « celui qui observe ». »

— p. 38

L’amour et l’éveil

« L’amour, la joie et la paix sont les états profonds de l’Être (…). (…) leur origine se situe au-delà du mental. (…) ce que l’on qualifie parfois à tort de joie n’est en fait habituellement que l’aspect plaisir, éphémère (…). Le plaisir est toujours provoqué par quelque chose d’extérieur à vous, alors que la joie émane de l’intérieur. »

— p. 26–27

« L’amour véritable ne vous fait pas souffrir. »

— p. 27

« Ne cherchez donc pas à vous libérer du désir ni à « atteindre » l’illumination. Apprenez à être présent. »

— p. 28

« La conscience s’éveille et sort du rêve de la matière, de la forme et de la division. C’est la fin du temps. Nous sommes en train de détruire les schémas mentaux qui dominent la vie humaine depuis une éternité. »

— p. 64

L’homosexualité

« Quand vous approchez de l’âge adulte, l’incertitude par rapport à votre sexualité et à la réalisation subséquente que vous êtes « différent » des autres peut vous forcer à vous dissocier des conditionnements sociaux intellectuels et comportementaux. Ceci amènera automatiquement votre niveau de conscience à dépasser celui de la majorité inconsciente qui avale sans se questionner les conditionnements qui lui ont été laissés en héritage. Dans ce cas, le fait d’être homosexuel peut aider. »

— p. 166–167

« Par contre, si vous établissez le sens de votre identité à partir de votre homosexualité, vous êtes sorti d’un piège pour tomber dans un autre. Vous jouerez des jeux et des rôles qui vous seront dictés par l’image mentale que vous vous faites de vous-même en tant qu’homosexuel. »

— p. 167

Nouvelle Terre — L’avènement de la conscience humaine

Éditions Ariane, Montréal, Canada, 2005

Le corps de souffrance comme éveilleur

« Les gens ayant un corps de souffrance chargé atteignent souvent un point où ils sentent que leur vie devient insupportable, où ils ne peuvent plus supporter aucune souffrance, aucun mélodrame. Une personne exprimera ce sentiment en disant crûment et simplement qu’elle en avait marre d’être malheureuse. D’autres sentent, comme ce fut le cas pour moi, qu’elles ne peuvent plus vivre avec elles-mêmes. La paix intérieure devient alors leur priorité. Leur souffrance émotionnelle aiguë les force à se désengager du contenu de leur mental et des structures mentales et émotionnelles qui donnent naissance au petit moi malheureux et le perpétuent. (…) le corps de souffrance les éveille et devient le facteur décisif qui les pousse vers l’état de Présence. »

— p. 153

Choisir la paix

« Si la paix est réellement ce que vous voulez, alors c’est la paix que vous choisirez. »

— p. 159

Se connaître et la psychanalyse

« (…) vous passiez des années en psychanalyse, que vous scrutiez le moindre recoin de votre enfance, que vous dénichiez vos peurs et désirs secrets. (…) Dix ans plus tard, votre psychanalyste en aura assez de vous et de votre histoire de vie, et vous annoncera que votre psychanalyse est finie. Il vous laissera peut-être partir avec un dossier de 5000 pages. « Tout cela vous concerne. C’est ce que vous êtes. » »

— p. 163–164

« Il n’y a rien de mal à entreprendre une psychanalyse ou à découvrir des choses sur votre passé, pour autant que vous ne confondiez pas « en connaître sur vous » avec « vous connaître ». Le dossier de 5000 pages est « sur vous » (…). Ce n’est pas vous. Il s’agit de contenu, pas d’essence. (…) être vous-même, c’est arrêter de vous identifier au contenu. »

— p. 164

Pour aller plus loin