Eric Baret


Éric Baret est un enseignant spirituel français qui s’inscrit dans la lignée du tantrisme shivaïte non-duel de l’école du Cachemire. Élève de Jean Klein pendant plus de vingt ans, il transmet aujourd’hui une approche dépouillée de toute forme de quête ou de vouloir spirituel. Éric Baret n’enseigne pas une technique pour « arriver » quelque part, mais invite à une écoute sans attente et sans jugement de l’instant. Ses séminaires et ses écrits explorent la sensation corporelle et la libération des émotions — non pour les modifier, mais pour les laisser se dissoudre dans leur propre vacuité. Auteur de nombreux ouvrages, dont Le Sacré du Dragon Vert, il privilégie l’expression directe de la beauté et de la vibration, rappelant que la véritable spiritualité réside dans l’humilité du non-savoir et l’abandon de l’image de soi.

Note personnelle

Concepts clés

Le non-vouloir

Pour Éric Baret, la plus grande entrave à la spiritualité est la volonté de devenir quelqu’un de meilleur ou d’atteindre un état d’éveil. Dès que nous cherchons à obtenir quelque chose, nous créons une tension mentale qui nous éloigne de la réalité. Le chemin consiste à abdiquer tout système de progression pour se trouver libre de toute activité mentale inutile. La liberté surgit quand on arrête de vouloir arriver quelque part.

L’ouverture et l’expérience

L’être humain ne vit pas l’expérience — c’est l’expérience qui se déploie au sein de l’ouverture que nous sommes fondamentalement. Nous ne sommes pas un sujet limité qui regarde des objets, mais l’espace même dans lequel le monde apparaît. En se donnant à l’évidence de l’instant, sans direction ni attente, on permet à un regard spirituel d’opérer simplement.

La libération des émotions

La seule façon de se libérer d’une perturbation émotionnelle — peur, jalousie, anxiété — est de la ressentir pleinement, sans chercher à la comprendre ou à l’analyser. Un homme sensé vit en harmonie avec ses émotions sombres en étant complètement en accord avec elles. En s’ouvrant ainsi, l’émotion perd son caractère pathologique pour devenir poétique : au lieu d’en être la victime, on en devient le témoin libre.

Le maître comme miroir

Un véritable maître n’a aucune référence à lui-même et ne possède aucun savoir personnel à transmettre. Il est celui qui a la conviction profonde qu’il n’est rien, ne sait rien et ne veut rien. Pour le disciple, le maître est un miroir qui ne lui montre rien d’autre que lui-même, l’aidant à réaliser sa propre essence profonde.

Extraits

Le Sacré du Dragon Vert

Éditions Almora, Paris, France, 2006

« Quand vous vous libérez de tout système de vouloir arriver à quelque chose, à ce moment-là vous vous trouvez libre de toute activité mentale. »

« Vous n’êtes pas dans l’expérience, c’est l’expérience qui est en vous. Vous êtes dans cette ouverture. L’expérience pointe vers cette ouverture. »

« Donnez-vous à l’évidence de l’instant, c’est dans ce moment seul que toute résolution trouve sa possibilité. »

« C’est dans cette non-attente, cette non-direction qu’un regard spirituel peut opérer, dans la simplicité d’évoquer ce qui est là. »

« Quand vous abdiquez le questionnement, c’est la vie qui vous questionne. »

« Dans notre attitude de constatation, où ce que l’on cherche ne se trouve pas, l’énergie qui est constamment à l’état de veille, utilisée pour attirer, empêcher, attraper, s’apaise. L’orientation est une conviction profonde que ce que l’on cherche ne se trouve pas sur un plan objectif. »

« L’origine de la vie spirituelle est cette ouverture qui permet à la beauté de s’exprimer, de se développer. C’est un non-savoir qui permet au savoir de s’épanouir dans l’espace/temps. La recherche spirituelle, c’est l’expression de l’humilité. »

« La seule possibilité de se libérer d’une perturbation émotive est de la ressentir. »

« Une pensée qui vient du cœur exprime la beauté des choses. La pensée émanant du cœur n’est accessible que dans la liberté vis-à-vis de sa propre émotivité. »

« C’est uniquement quand on est ouvert aux émotions fondamentales que la pensée peut être porteuse d’émotion, de Lumière et de Beauté. »

« Un homme sensé, c’est quelqu’un qui vit en harmonie avec ses émotions : il connaît ses peurs, ses anxiétés, ses jalousies, ses culpabilités, et il est complètement en accord avec elles. Quand quelqu’un s’ouvre à ses émotions, celles-ci quittent leurs prolongations pathologiques, elles deviennent poétiques. Au lieu d’avoir peur de sa peur, on écrira sur la peur, on peindra sur la peur, on fera de la musique sur la peur. Comme on le dit en Orient, la compréhension c’est d’être compréhension ; rien n’est compris, personne ne comprend. Être compréhension n’est pas lié à la pensée, c’est une émotion fondamentale. »

« Tout ce qu’il y a de très profond dans la vie naît d’une émotion. »

« En Orient, on appelle maître quelqu’un qui n’a pas la moindre référence à lui-même. »

« Le maître est celui qui a cette conviction profonde qu’il n’est rien, qu’il ne sait rien et ne veut rien. »

« Ce que le disciple attend du maître c’est lui-même. »

« On ne peut jamais expérimenter le sacré, parce qu’il est l’essence profonde des choses. »

Pour aller plus loin