Voici le recueil des ouvrages et des auteurs qui m’ont le plus profondément inspiré au cours de mon cheminement intérieur ces trente dernières années. Bien que ces textes émanent de traditions diverses, un fil conducteur unique les relie : cet appel irrépressible, logé au cœur de l’homme, à entrer en soi pour y découvrir sa véritable nature. Selon les époques et les cultures, on nommera ce but le Centre, le Soi, le Divin ou l’Absolu.
Pour atteindre ce Centre, il nous faut traverser les couches successives qui constituent notre « ego » ou notre sentiment de séparation. On pourrait comparer ce processus à celui d’un oignon que l’on pèle : couche après couche, nous effeuillons les voiles du « je » pour enfin toucher le noyau.
Cependant, les grandes traditions nous enseignent que ce contact ultime avec la Source ne relève pas uniquement de notre seule volonté, ni de nos « mérites ». C’est sans doute ce qu’Yvan Amar soulignait dans son ouvrage L’effort et la Grâce : s’il y a indéniablement un travail de préparation à accomplir, le pas ultime dépend de cet élan mystérieux que l’on appelle la Grâce. Elle survient peut-être au moment où nous sommes prêts à un abandon total, un lâcher-prise total. Dans tous les cas, elle ne résulte pas d’un choix égotique.
J’invite le lecteur à faire preuve de discernement. Au fil de ces fiches, certains enseignements feront écho en vous, tandis que d’autres vous laisseront indifférents. Il vous appartient de prendre ce qui nourrit votre âme et de laisser de côté ce qui ne résonne pas.
Je n’ai jamais considéré qu’il n’existait qu’une seule Vérité, si ce n’est celle de l’Unité que certains nomment Dieu. Les formes que revêt cette Vérité sont innombrables, et il est heureux qu’il en soit ainsi : cette diversité manifeste notre liberté de choisir la voie qui nous correspond.
Je porte en moi la profonde conviction que la destinée de la conscience humaine est d’incarner pleinement la liberté. Dans nos existences, nous sommes continuellement confrontés à des résistances et à des difficultés. Celles-ci ne sont pas le fruit du hasard, mais résultent de nos choix, qu’ils se soient manifestés dans cette vie ou dans une autre. C’est précisément l’impact de ces choix — ce cycle d’action et de réaction — qui nous permet d’explorer tous les aspects de notre souveraineté.
Je ne crois pas que l’humanité soit appelée à disparaître. Elle se trouve toutefois à la croisée des chemins : soit elle s’engage sur la voie exigeante d’une liberté véritable, avec tout ce qu’elle implique de responsabilité, soit elle s’installe dans un asservissement par refus de sa destinée grandiose. Choisir la liberté, c’est accepter de vivre en lien respectueux avec la nature et tous les êtres.
Les lectures sont une nourriture pour le mental. Pour moi, elles n’ont été qu’un premier pas. Le mental a besoin de se rassurer et de se raccrocher à du tangible lorsqu’il navigue sur les terres inexplorées de notre intériorité. Ces mondes sont vastes, et une boussole est souvent utile. Néanmoins, ces textes ne resteront qu’un plaisir intellectuel s’ils ne sont pas, à un moment donné, expérimentés dans la matière, au cœur de notre vie incarnée.
C’est là, selon moi, notre « contrat d’âme » : accepter de vivre une expérience limitée dans le temps au sein d’un corps matériel. Nous y perdons souvent le souvenir de notre nature réelle, mais celle-ci demeure là, enfouie, attendant l’heure de son réveil et de sa manifestation. Il ne s’agit pas de choisir entre le monde matériel et le monde spirituel. Il s’agit d’incarner les deux. C’est peut-être ce que Sri Aurobindo voulait dire lorsqu’il parlait de la descente du « supramental » dans la matière : l’incarnation de la lumière pure — notre nature profonde — dans la matière grossière. Un choix difficile de l’âme, mais qu’elle a choisi pour apprendre… La Terre est peut-être une Grande École à ciel ouvert…
Le chaos du monde actuel, plutôt que d’être vécu comme un drame, peut être perçu comme une opportunité de croissance extraordinaire. C’est dans la nuit la plus profonde que la lueur d’une bougie, même lointaine, est la plus visible.
Gardons l’espoir que tout finira par s’éclaircir.
En attendant, je vous souhaite de belles et riches lectures.