Ma Anandamayi


Ma Anandamayi (1896–1982), née Nirmala Sundari dans le village de Kheora, aujourd’hui au Bangladesh, est considérée comme l’une des figures spirituelles les plus rayonnantes de l’Inde du XXe siècle. Dès son enfance, elle manifesta des états de conscience mystique spontanés. Contrairement à la tradition, elle n’eut jamais de maître extérieur — son éveil s’accomplit de manière totalement autonome. Son nom, qui peut se traduire par « entièrement imprégnée par la joie », lui fut donné par ses premiers disciples. Sans jamais s’enfermer dans un dogme, elle a passé sa vie à parcourir l’Inde, attirant à elle des foules de toutes confessions — des paysans aux chefs d’État — par sa simple présence et sa liberté infinie. Elle a fondé de nombreux ashrams, notamment à Varanasi et Kankhal, en Inde, laissant derrière elle un héritage de paix universelle qui continue de vibrer aujourd’hui.

Note personnelle

J’ai eu la chance de me rendre dans l’ashram de Ma il y a plus de quinze ans. Il y réside encore un parfum extraordinaire de paix et de béatitude. Ceux qui ont eu l’occasion de la rencontrer de son vivant ont eu une chance extraordinaire.

La photo de Ma est toujours dans mon portefeuille — elle m’accompagne comme un rappel constant d’une Présence. Elle représente pour moi la plus haute figure incarnée du féminin sacré, après celle de la Vierge Marie. En sa présence, les barrières mentales s’effacent pour laisser place à une évidence de paix qui semble imprégner chaque pierre de ses lieux de résidence.

Concepts clés

La réalisation du Soi

Pour Ma Anandamayi, le but unique et ultime de l’existence humaine est de découvrir sa propre nature divine. Elle simplifie cette quête en expliquant qu’il n’y a aucune différence entre Dieu et notre centre le plus profond. Cette réalisation ne demande pas d’acquérir quelque chose de nouveau, mais de dissiper l’illusion de la séparation pour revenir à notre état naturel.

La joie sans cause — Ananda

Son enseignement repose sur l’idée que la joie n’est pas le résultat d’un plaisir extérieur, mais l’essence même de la vie. Elle invitait chacun à cultiver cet état de félicité intérieure qui ne dépend d’aucune circonstance, en comprenant que nos souffrances proviennent de notre oubli de cette source permanente qui réside en nous.

Une spiritualité sans dogme

Ma Anandamayi était une mystique qui se situait au-delà de toutes les frontières religieuses. Elle ne cherchait pas à convertir, mais à aider chacun à approfondir sa propre foi ou sa propre recherche. Pour elle, toutes les religions sont des chemins valables menant à la même vérité centrale. Elle voyait le Divin en chaque être, faisant d’elle une mère spirituelle pour l’humanité entière.

Extraits

La plénitude de la joie

Dominique Bertrand et Charles ben Aar-sil — Éditions Nouvelles Clés, Paris, France

« Connaître Bhagavan (Dieu), c’est se connaître soi-même, et se connaître soi-même, c’est connaître Dieu. »

L’Enseignement de Ma Anandamayi

Jean Herbert — Éditions Albin Michel, Spiritualités vivantes, Paris, France

« Le remède à toute maladie est donc de calmer le mental ; alors tout sera en harmonie physiquement et psychologiquement. »

« Chacun devrait s’efforcer avec acharnement de ne pas prendre de billet de retour lorsqu’il quitte ce monde. »

Présence de Ma Anandamayi

Éditions Les Deux Océans, Paris, France

« À certaines personnes, le souvenir de Dieu vient facilement car elles ne peuvent s’en passer. De cette façon elles gardent contact, satsang, avec Dieu. »

« Lorsque l’on parle de Lui ou que l’on chante Ses louanges, Il est Lui-même présent. »

Citations

« Tout le pouvoir est en vous. Il faut le découvrir. Trouvez qui vous êtes et vous aurez trouvé Dieu et aussi les autres hommes. »

« La mort vous effraie et c’est pour cela que vous évitez d’y penser. Mais si vous ne pouvez pas croire que vous mourrez, c’est aussi parce qu’en réalité vous êtes immortelle. Seul le corps meurt. »

« Toutes les pensées religieuses coulent dans une seule direction, comme tous les fleuves se jettent dans le même océan ; et nous sommes tous un. »

« L’origine de nos souffrances, c’est que nous nous agrippons à un aspect que nous croyons réel. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la joie vraie n’existe que dans la vie spirituelle. »

« Quelle que soit la situation où Dieu vous place à n’importe quel moment, rappelez-vous que c’est ce qu’il peut y avoir de mieux. »

Pour aller plus loin