Michael Laitman


Rav Michaël Laïtman (né en 1946 à Vitebsk, Biélorussie) est un philosophe, docteur en ontologie et théorie de la connaissance, et maître de Kabbale. Scientifique de formation en cybernétique médicale, il se tourne vers la sagesse ancestrale pour trouver des réponses aux questions fondamentales sur le sens de la vie. Il fut le disciple et l’assistant personnel de Baruch Ashlag, fils du célèbre kabbaliste Yehouda Ashlag, auteur du commentaire du Zohar. En 1991, il fonde l’institut Bnei Baruch, devenu une organisation mondiale dédiée à l’enseignement de la Kabbale authentique. Laïtman présente la Kabbale non comme un dogme religieux, mais comme une science de l’âme et un outil pour transformer l’égoïsme en altruisme.

Note personnelle

Qu’est-ce que la Kabbale ?

La Kabbale (de l’hébreu Lekabel, signifiant « recevoir ») est une méthode d’investigation de la réalité cachée. Elle étudie la structure des mondes spirituels et la manière dont ils influencent notre monde matériel. Loin d’être une croyance, elle propose des outils pour élargir la conscience humaine au-delà des cinq sens. Elle enseigne que l’humanité forme un seul organisme dont les membres sont actuellement déconnectés par l’ego, et que notre survie dépend de notre capacité à restaurer cette unité originelle.

Le Zohar — le cœur de la Kabbale

Le Livre du Zohar (Splendeur) est l’ouvrage fondamental de la sagesse de la Kabbale. Écrit il y a environ 2000 ans, il se présente comme un commentaire mystique de la Torah, rédigé principalement en araméen. Pendant des siècles, le Zohar est resté caché ou réservé à une élite d’initiés. Selon Laïtman et la lignée des Ashlag, ce livre a été écrit spécifiquement pour notre époque — il avait prédit qu’à la fin du XXe siècle, l’égoïsme atteindrait son paroxysme et que l’humanité, ressentant un vide immense malgré le progrès matériel, aurait alors besoin de cette méthode pour retrouver son équilibre.

Concepts clés

L’évolution de l’égoïsme

L’histoire humaine est marquée par le développement constant du « désir de recevoir » — l’ego. Cet égoïsme a poussé l’homme à conquérir la matière et la technologie. Nous avons cependant atteint une étape où l’égoïsme est si extrême qu’il ne parvient plus à se satisfaire, menant à un sentiment de vide intérieur global. Cette impasse est une invitation à passer à un niveau de conscience supérieur : l’altruisme.

Le Créateur comme « désir de donner »

Le « Créateur » est défini comme une loi universelle, une force de bienveillance absolue dont l’unique nature est de donner sans réserve. Puisque le Créateur est le « Donneur » pur et l’être humain un « Receveur », une séparation s’est installée. La souffrance provient de cette opposition de forme. Le chemin spirituel consiste à transformer notre intention pour ne plus recevoir pour soi-même, mais pour faire plaisir au Donneur.

Le Kli — le vaisseau du désir

Le terme Kli (pluriel Kelim) signifie littéralement « vase » ou « récipient ». C’est le nom donné à la créature dans la Kabbale. Le travail spirituel ne consiste pas à supprimer ce vase, mais à corriger son intention. Un Kli corrigé accepte de recevoir la Lumière uniquement pour faire plaisir au Créateur, devenant ainsi lui-même une force de don.

L’équivalence de forme

Dans les mondes spirituels, deux éléments sont proches s’ils se ressemblent par leurs attributs. Tant que nous sommes égoïstes, nous sommes « éloignés » du Créateur. Pour rétablir le lien, l’homme doit adopter l’intention de donner — c’est « l’équivalence de forme ». En changeant son intention, le Kli fusionne avec la conscience éternelle du Donneur.

Extraits

La Kabbale révélée — Guide personnel pour une vie plus sereine

Michaël Laïtman — Éditions Véga, Paris, France, 2010

La crise globale

« Le Livre du Zohar, « l’ouvrage de référence » de la Kabbale, a été écrit il y a environ 2000 ans. Il a dit qu’à la fin du XXe siècle, l’égoïsme de l’humanité atteindrait une intensité sans précédent. (…) plus notre désir grandit, plus le sentiment de vide intérieur grandit. C’est pourquoi depuis la fin du XXe siècle, l’humanité connaît une période de dépression sans précédent. Le Livre du Zohar dit également que lorsqu’un tel vide sera ressenti, l’humanité aura besoin d’une méthode pour y remédier (…). »

— p. 29–30

« La correction commence lorsqu’une personne réalise que sa nature égoïste est la source de tout le mal. C’est un chemin très personnel et intense, mais qui mène invariablement à vouloir changer : de passer de l’égoïsme à l’altruisme. »

— p. 30

« Les crises en elles-mêmes ne sont pas forcément négatives ; elles indiquent simplement que l’état actuel est arrivé à son terme et qu’il est temps à présent de passer à une phase nouvelle. »

— p. 34

« Autrefois, avant que l’égoïsme n’atteigne son plus haut degré, les gens se souciaient du bien-être d’autrui avant leur propre personne. Ils se sentaient apparentés à la Nature et à l’humanité toute entière, et non à eux-mêmes. Telle était la façon d’être naturelle. »

— p. 36

« (…) il serait vraiment naïf de croire aux promesses d’une vie meilleure grâce aux progrès scientifiques. Si nous voulons un futur plus prometteur, nous avons uniquement besoin de nous changer nous-mêmes. »

— p. 37

« La vraie nouvelle concernant l’égoïsme est que ce n’est pas la nature humaine qui est égoïste, mais c’est moi qui le suis. »

— p. 38

« La crise globale que nous connaissons de nos jours est vraiment une crise des désirs. Si nous satisfaisons le (…) plus grand des désirs — le désir pour la spiritualité — nos problèmes seront résolus automatiquement, parce que leur racine se trouve dans l’insatisfaction spirituelle dont beaucoup font l’expérience. »

— p. 48

Le Créateur, le Kli, l’ego

« (…) il n’y a aucun mal à vouloir du plaisir, mais l’intention de satisfaction de nos intérêts personnels fait que nous sommes opposés à la Nature, au Créateur. C’est pourquoi, en voulant recevoir pour nous-mêmes, nous nous séparons du Créateur. »

— p. 45

« Dans la Kabbale, le degré du don est considéré comme masculin et le degré de réception comme féminin. (…) le Créateur (…) est toujours masculin, étant la source, et la Création (…) est toujours féminine, car elle reçoit de Lui. »

— p. 53

« Les kabbalistes mentionnent le Créateur comme « le Désir de donner sans réserve » et la créature comme « le désir de recevoir délices et plaisirs » (…). »

— p. 70

« (…) le Créateur est (…) dissimulé de notre champ de vision à cause de notre égoïsme. »

— p. 70

« (…) les phénomènes dans les mondes spirituels reflètent des intentions altruistes, alors que ceux dans notre monde reflètent des intentions égoïstes. »

— p. 73

« La seule chose que le Créateur ait créée est notre désir de recevoir, notre égoïsme — telle est notre essence. En apprenant à « désactiver » notre égoïsme, nous rétablirons notre lien avec le Créateur, parce que sans amour propre, nous reconquerrons l’équivalence de forme avec Lui. La désactivation de notre égoïsme est le début de notre ascension de l’échelle spirituelle, du processus de correction. »

— p. 145

« Les personnes hédonistes ne peuvent pas être heureuses. Il y a deux raisons à cela. 1) (…) l’égoïsme est un leurre : si vous obtenez ce à quoi vous aspirez, vous n’en voulez plus. 2) Un désir égoïste ne se réjouit pas que de la satisfaction de ses propres caprices, mais de l’insatisfaction des autres. »

— p. 145

« Ainsi, par la jalousie — la caractéristique la plus perfide et nuisible de l’ego — notre égoïsme se condamne à mort tout seul, tel le cancer détruit l’organisme dans lequel il vit, jusqu’à ce que lui aussi meure avec le corps qu’il a détruit. »

— p. 148

« (…) tout ce que nous faisons, pensons et planifions est conçu soit pour diminuer notre souffrance, soit pour augmenter notre plaisir. Nous n’avons aucune liberté dans ce domaine. Mais, parce que nous ne voyons pas que nous sommes régis par ces forces, nous pensons être libres. Toutefois, pour vraiment être libres, nous devons tout d’abord nous libérer de la loi des rênes du plaisir et de la souffrance. Or, vu que notre ego nous dicte ce qui est très agréable et ce qui est douloureux, nous voyons donc que pour être libre, nous devons préalablement nous libérer de notre ego. »

— p. 150

« Une fois ma direction choisie et après avoir construit un environnement m’y conduisant, je peux me servir de la société comme d’un propulseur pour accélérer mon progrès. »

— p. 139

Pour aller plus loin