Nisargadatta Maharaj (1897–1981), né Maruti Shivrampant Kambli, était un maître spirituel indien de la lignée Navnath Sampradaya. Né à Bombay, Inde, le jour de la fête d’Hanuman, il mena une vie simple de père de famille et commerçant, tenant une petite boutique de beedis pour subvenir aux besoins des siens. Sa vie bascule en 1933 lorsqu’il rencontre son guru, Siddharameshwar Maharaj, qui lui donne une instruction simple mais radicale : « Tu n’es pas ce que tu crois être… Fixe ton attention sur le sentiment « Je suis » et sur rien d’autre. » Après quelques années de pratique intense, il réalise son essence originelle et prend le nom de Nisargadatta — « celui qui demeure dans l’état naturel ». Il commence à enseigner depuis le petit loft de sa maison à Bombay, recevant des chercheurs du monde entier. Il accède à une renommée internationale en 1973 avec la publication de Je Suis Cela, recueil de ses entretiens. Son enseignement, direct et sans concession, vise à pulvériser les concepts de l’ego pour révéler la présence pure qui précède toute manifestation.
Note personnelle
Concepts clés
La présence du « Je Suis »
Le pilier central de son enseignement est le sentiment d’exister — le « Je suis ». C’est la seule certitude absolue dont nous disposons : le fait d’être. Alors que le mental ajoute sans cesse des qualificatifs (« Je suis ceci », « Je suis cela »), la libération consiste à se stabiliser dans le pur sentiment d’être, avant que les pensées et les étiquettes ne surgissent.
La méthode du « Neti Neti » — ni ceci, ni cela
Pour découvrir sa véritable nature, il faut d’abord investiguer ce que l’on n’est pas. Par un processus de négation systématique, le chercheur réalise qu’il ne peut être ni son corps, ni ses émotions, ni ses pensées — car il est celui qui perçoit ces phénomènes. Tout ce qui peut être observé est par définition extérieur au sujet réel. En rejetant tout ce qui est changeant et perceptible, on finit par résider dans l’immuable.
La personne et le Témoin
Nisargadatta fait une distinction radicale entre la « personne » (l’ego, le mental, l’instrument) et le « Témoin » (l’essence originelle). La personne est un ensemble de concepts et de mémoires qui apparaît et disparaît, tandis que le Témoin est la présence silencieuse qui contient tout mais n’est affectée par rien. L’erreur fondamentale est de s’identifier à l’instrument plutôt qu’à la présence pure qui l’utilise.
L’Absolu avant la Conscience
Vers la fin de sa vie, il poussait l’enseignement encore plus loin en parlant de l’état « non-né » ou de l’Absolu, qui précède même la conscience du « Je suis ». Pour lui, même la sensation d’être est une superposition sur l’essence originelle — un concept ultime qu’il faut finir par transcender pour atteindre la paix insondable du vide-plénitude.
Extraits
L’ultime guérison — Dialogue avec un Maître réalisé
Éditions De Mortagne, Ottawa, Canada, 1997
— p. 82
— p. 82
— p. 83
Je Suis Cela — I Am That
Recueil des dialogues de Sri Nisargadatta Maharaj — Éditions des Deux Océans, Paris, France, 2012
Citations
Pour aller plus loin
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Livre FR
Je Suis Cela — Nisargadatta Maharaj (Éditions des Deux Océans, Paris, France, 2012) -
Livre FR
L’ultime guérison — Nisargadatta Maharaj (Éditions De Mortagne, Ottawa, Canada, 1997) -
Livre FR
À la source de la conscience — Nisargadatta Maharaj (Éditions des Deux Océans, Paris, France) -
Livre FR
Ni ceci ni cela — Nisargadatta Maharaj (Éditions des Deux Océans, Paris, France) -
Site
srinisargadattamaharaj.com — site dédié à son enseignement, biographie et textes -
Site
nisargadatta.net — site de référence, biographie, textes et enregistrements audio -
Site
inner-quest.org — extraits thématiques des entretiens de Nisargadatta Maharaj en français -
Site
innerspiritualawakening.com — introduction à l’enseignement et citations