Cours en Miracles


Un Cours en Miracles (A Course in Miracles) est une œuvre spirituelle monumentale de 1 392 pages, publiée en 1975 par la Foundation for Inner Peace, New York, États-Unis. Elle a été dictée par canalisation entre 1965 et 1972 à Helen Schucman, professeure de psychologie clinique à l’Université Columbia, New York, États-Unis, qui transcrivait une voix intérieure s’identifiant comme le Christ. Son collègue William Thetford supervisait le travail. Schucman elle-même, athée et sceptique de tempérament, a toujours entretenu une relation ambivalente avec le texte qu’elle recevait.

L’ouvrage se compose de trois parties : le Texte, qui expose la métaphysique ; le Livre d’exercices, qui propose 365 leçons journalières — une par jour pendant un an ; et le Manuel pour enseignants. Il ne rentre dans aucune catégorie précise. Ce n’est ni une religion, ni une philosophie au sens classique. C’est ce qu’on pourrait appeler une psychothérapie spirituelle — une combinaison de psychologie contemporaine, de sagesse orientale non-dualiste et de l’essence du christianisme, libéré de ses structures institutionnelles et de sa théologie du péché.

Son message central repose sur une métaphysique non-dualiste dont l’introduction résume la totalité : « Rien de réel ne peut être menacé. Rien d’irréel n’existe. En cela réside la paix de Dieu. » L’objectif déclaré du Cours est énoncé dès la page 2 : enlever les blocages qui empêchent de prendre conscience de la présence de l’amour, qui est notre héritage naturel.

Note personnelle

Un Cours en Miracles est l’ouvrage qui m’a le plus aidé à déconnecter la notion de « péché » de la « culpabilité » — une association qui m’a causé beaucoup de problèmes dans mon éducation catholique. Il transforme la notion de « péché » en « erreur de perception », ouvrant ainsi une voie de réconciliation avec soi-même et avec le monde.

Je n’ai pas pratiqué le Cours dans sa forme complète, car celui-ci exige un investissement personnel conséquent avec ses 365 leçons journalières. Je n’ai donc pas la prétention d’avoir tout intégré. C’est la lecture de l’ouvrage de Gary Renard, Et l’univers disparaîtra, qui a été un déclic. Ce livre m’a permis de sentir le cœur de l’enseignement.

Pour comprendre pourquoi cet enseignement a été si important pour moi, il faut que je remonte plus loin. Dans la première partie de ma vie, je me sentais plein de jugement et de culpabilité sur moi-même. Élevé dans le catholicisme traditionnel, je n’en avais retenu que les notions de péché, de culpabilité et de condamnation. Dieu était un père vengeur qui allait me faire payer mes fautes. Bien entendu, ma sexualité n’échappait pas au jugement.

Quand j’ai dû intégrer la dimension homosexuelle en moi, cette étape a été insupportable face au discours catholique ambiant. J’avais face à moi un discours soi-disant chrétien qui me jugeait. Dieu me jugeait et me voyait dans le péché. Il m’était dès lors insupportable de continuer à adhérer à un Dieu qui me rejetait. J’ai rejeté en bloc le catholicisme et le christianisme en les mettant dans la même boîte. Ce passage a été extrêmement éprouvant car il me fallait entrer sur un chemin inconnu pour redécouvrir une spiritualité qui pourrait m’accepter et me nourrir.

Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai renoué avec le christianisme — après un long travail sur moi et un long passage dans le bouddhisme où il n’y avait ni Dieu ni jugement, ni péché. Durant cette période extrêmement riche au niveau intérieur, j’ai connecté avec l’enseignement de grands maîtres comme Gurdjieff, Osho, Krishnamurti, Ramana Maharshi, Eckhart Tolle, Swâmi Prajnânpad, Graf Dürckheim. J’étais aussi absorbé par des textes sacrés comme la Bhagavad Gîtâ ou le Tao Te King. Je ne mémorisais rien mais je sentais petit à petit mon esprit se modifier au contact de ces ouvrages.

J’étais alors mûr pour renouer avec un christianisme dénué de toute peur du mal et du jugement. Ma réconciliation s’est effectuée en trois étapes.

La première a été la lecture du Livre d’Urantia — Vie et enseignement de Jésus — qui m’a fait découvrir un homme pleinement incarné, auprès duquel je pouvais me sentir proche. Un être avec un corps, un métier, une famille. Cela m’a permis de rayer de mes croyances l’image d’un homme inaccessible. J’ai redécouvert un frère à qui je pouvais parler.

La deuxième étape a été la lecture d’Un Cours en Miracles. Ce livre m’a permis de déprogrammer radicalement toutes mes croyances liées au jugement, au péché et à la culpabilité. Tout ce qui avait été programmé depuis mon enfance concernant un Dieu vengeur qui punit a été balayé. Ceci a été salvateur. Je conseille vivement aux lecteurs qui se sentent piégés par le discours chrétien erroné de lire cet ouvrage.

La troisième étape a été une rencontre foudroyante avec un homme de l’Église profondément ancré dans le christianisme des origines. Lors de cette rencontre, très émotionnelle, j’ai senti qu’il n’y avait qu’une seule voie en ce monde : LUI. Peu importe comment on l’appelle — Christ, Dieu, l’Univers. C’est LUI que mon âme recherchait depuis des éons. Lui seul pouvait m’apporter la paix. C’est une porte que je pouvais maintenant voir avec une luminosité extraordinaire. Il m’appartenait de l’ouvrir si je le souhaitais.

Concepts clés

Le miracle comme changement de perception

Dans le Cours, le miracle n’intervient pas sur la matière mais sur l’esprit. C’est le passage de la peur à l’amour. C’est « redresser » une pensée fausse pour revenir à la vérité de ce que nous sommes. L’introduction du Cours l’énonce : un miracle est la correction d’une erreur, d’une perception fausse — un renversement intérieur.

Le pardon non-dualiste

Contrairement au pardon classique — où l’on pardonne un « mal » réel à quelqu’un qui nous a blessés — le pardon du Cours reconnaît que ce que nous pensions que l’autre nous avait fait n’a pas eu d’effet sur notre réalité spirituelle. C’est libérer l’autre de nos propres projections pour nous libérer nous-mêmes. La trahison du Fils de Dieu réside uniquement dans les illusions : sa réalité est à jamais sans péché. Il n’a pas besoin d’être pardonné — il a besoin d’être réveillé.

Le Soi et l’ego

Le Cours distingue le Soi créé par Dieu — qui n’a jamais cessé de faire partie de nous-mêmes, parfait, complet, aimé et aimant — et l’ego créé par l’homme suite à la séparation d’avec sa divinité. L’ego est une tentative de l’esprit faux pour se percevoir tel qu’il souhaite être plutôt que tel qu’il est. Il vit de comparaisons, de peur, de séparation. Le Saint-Esprit, en revanche, cherche toujours à unifier et à guérir.

Le Saint-Esprit comme enseignant intérieur

Il représente la « Voix pour Dieu » en nous — le pont entre notre esprit égaré dans l’illusion de la séparation et notre réalité éternelle. Il est le seul thérapeute véritable : le thérapeute humain ne guérit pas, il laisse la guérison se faire. Il peut indiquer les ténèbres, mais la lumière n’est pas de lui.

La séparation — et l’éveil

La séparation n’a pas été une perte de perfection mais une rupture dans la communication. Le jardin d’Éden est décrit comme un état d’esprit dans lequel il n’y avait aucun besoin — et la « chute » comme un profond sommeil peuplé de mauvais rêves. La réalité, elle, n’a pas changé : Dieu appelle à se réveiller. Dès l’instant de l’éveil, tout ce qui semblait arriver dans le rêve n’est pas arrivé du tout.

Focus — la Leçon 1

La première leçon du Livre d’exercices pose les bases de la remise en question radicale de notre vision du monde. L’exercice consiste à regarder lentement autour de soi et à appliquer l’idée du jour à tout ce que l’on voit, sans discrimination :

« Rien de ce que je vois dans cette pièce [dans cette rue, de cette fenêtre, dans ce lieu] ne signifie quoi que ce soit. »

« Cette table ne signifie rien. Cette chaise ne signifie rien. Ce corps ne signifie rien. Cette ombre ne signifie rien. »

Le but est de réaliser que nous collons notre propre interprétation sur la réalité — une interprétation qui résulte d’un processus mental. En retirant ces étiquettes, nous redécouvrons la réalité telle qu’elle est, sans jugement, sans projection.

Extraits

Un Cours en Miracles

Channelé par Helen Schucman — Éditions du Roseau, Montréal, Canada, 2005 (édition intégrale)

L’introduction

« Rien de réel ne peut être menacé. Rien d’irréel n’existe. En cela réside la paix de Dieu. »

— Introduction, p. 1

« [Le Cours] vise à enlever les blocages qui empêchent de prendre conscience de la présence de l’amour, qui est ton héritage naturel. »

— p. 2

« Quand nous sommes prêts, Dieu Lui-même fait le dernier pas de notre retour vers Lui. »

— p. xx

Le Soi

« [Le Soi créé par Dieu] n’a besoin de rien. Il est à jamais complet, en sécurité, aimé et aimant. Il cherche à partager plutôt qu’à obtenir. »

— p. xviii

Le miracle

« Le miracle est un service. C’est le service maximal que tu puisses rendre à un autre. C’est une façon d’aimer ton prochain comme toi-même. Tu reconnais ta propre valeur et celle de ton prochain simultanément. »

La culpabilité

« La culpabilité reste la seule chose qui cache le Père, car la culpabilité est l’attaque contre Son Fils. Les coupables condamnent toujours, et l’ayant fait ils condamneront encore, liant le futur au passé selon la loi de l’ego. La fidélité à cette loi ne laisse entrer aucune lumière, car cela exige d’être fidèle aux ténèbres et interdit l’éveil. »

— p. 279

« La délivrance de la culpabilité est le défaire complet de l’ego. »

— p. 279

« La culpabilité te rend aveugle, car tant que tu vois en toi la moindre tache de culpabilité, tu ne vois pas la lumière. »

— p. 280

« À chaque jour, à chaque heure et à chaque minute, même à chaque seconde, tu décides entre la crucifixion et la résurrection ; entre l’ego et le Saint-Esprit. L’ego est le choix pour la culpabilité ; le Saint-Esprit, le choix pour la non-culpabilité. »

— p. 294

« Le miracle t’enseigne que tu as choisi la non-culpabilité, la liberté et la joie. »

— p. 294

Le péché

« Le Fils de Dieu peut faire erreur ; il peut se tromper lui-même ; il peut même retourner le pouvoir de son esprit contre lui-même. Mais il ne peut pas pécher. »

— p. 429

« Jamais le Saint-Esprit ne t’enseignera que tu es pécheur. Les erreurs, Il les corrigera, mais cela ne fait peur à personne. »

— p. 486

Dieu n’est pas vengeur

« L’énoncé « À moi la vengeance, dit le Seigneur » est une malperception par laquelle on assigne à Dieu ses propres « vieux péchés ». Dieu ne croit pas au châtiment. Son Esprit ne crée pas de cette façon. Il ne te reproche pas « tes mauvaises actions ». »

— p. 39

« Je ne demande pas des martyrs mais des enseignants. Nul n’est puni pour des péchés, et les Fils de Dieu ne sont pas des pécheurs. »

— p. 101

La séparation et le rêve

« Le jardin d’Eden, ou la condition d’avant la séparation, était un état d’esprit dans lequel il n’y avait aucun besoin. (…) La connaissance qui illumine ne te rend pas seulement libre, elle te montre aussi clairement que tu es libre. »

— p. 19

« Tu es un enfant de Dieu, une partie inestimable de Son Royaume, qu’Il a créé comme faisant partie de Lui. Rien d’autre n’existe et cela seul est réel. Tu as choisi un sommeil dans lequel tu as fait de mauvais rêves, mais le sommeil n’est pas réel et Dieu t’appelle à te réveiller. »

— p. 108

La peur

« Sous les fondements ténébreux de l’ego se trouve la mémoire de Dieu, et c’est cela dont tu as réellement peur. »

— p. 259

« Ta peur de l’attaque n’est rien en comparaison de ta peur de l’amour. »

— p. 259

L’amour

« Ta tâche n’est pas de chercher l’amour mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux. »

— p. 362

« N’enseigne que l’amour, car c’est ce que tu es. »

— p. 101

Le pardon

« Le pardon est la guérison de la perception de séparation. »

— p. 49

« La trahison du Fils de Dieu réside uniquement dans les illusions, et tous ses « péchés » ne sont que ses propres imaginations. Sa réalité est à jamais sans péché. Il n’a pas besoin d’être pardonné mais réveillé. »

— p. 376

La guérison

« Qu’est-ce que la guérison, si ce n’est l’enlèvement de tout ce qui fait obstacle à la connaissance ? Et comment peut-on dissiper les illusions, si ce n’est en les regardant en face, sans les protéger ? »

— p. 217

« Toute guérison est délivrance du passé. »

— p. 276

Le retour

« Notre voyage est simplement le voyage de retour à Dieu, Qui est notre demeure. »

— p. 158

« Le voyage à Dieu n’est que le nouveau réveil de la connaissance de là où tu es toujours, et de ce que tu es à jamais. »

— p. 161

Le thérapeute

« Un thérapeute ne guérit pas : il laisse la guérison se faire. Il peut indiquer les ténèbres mais il ne peut pas apporter la lumière de lui-même, car la lumière n’est pas de lui. (…) Le Saint-Esprit est le seul thérapeute. »

— p. 185

Le Livre d’exercices — Leçon 4

« Ces pensées ne signifient rien. »

— Livre d’exercices, Leçon 4, p. 6

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