La descente dans les enfers

Livre 1 — Partie III

Régression dans des vies passées

Vu mes difficultés récurrentes à m’engager au niveau affectif, je décide de commencer une thérapie EMDR. Durant une session EMDR, la personne est invitée à identifier une situation difficile et à la relier au niveau mental, émotionnel et corporel. Ensuite, l’accompagnant stimule les deux hémisphères du cerveau, soit via le mouvement des yeux, soit via un casque qui émet un son en alternance d’une oreille à l’autre, soit via des tapotements alternatifs sur les genoux.

Nous sommes au début de l’été 2005. Je me rends au premier rendez-vous chez une médecin thérapeute. Elle me dit : « Vu que vous avez déjà fait un travail sur vous-même, nous pouvons passer tout de suite à l’EMDR ».

Lors du mouvement des yeux, je vois des images défiler, comme dans un film. À un moment, les premières images s’effacent, se brouillent et font place à d’autres images à l’arrière-fond. Celles-ci semblent venir des tréfonds d’une mémoire oubliée.

1ère image : je vois un champ dévasté, brûlé, vide… Rien que de l’herbe noircie et moi, tout seul au milieu.

2ème image : des gens à gauche et à droite, tous morts. Je suis triste. Ma mère est là, morte. Je me sens seul, infiniment seul. J’en viens à regretter d’être vivant.

3ème image : je vois un océan, un iceberg, une eau et un ciel très pur. Je survole l’océan à pleine vitesse. Puis je vois une île avec des hommes et des femmes. Là-bas, tout est simple, beau, facile, sans complication.

4ème image : je sens un bloc de pierre au niveau du thorax. De mon sexe coule une eau d’une grande pureté, comme une fontaine. Cela me nettoie, cela me fait du bien. Je me sens un homme nouveau.

5ème image : je me vois avec Andrew, mon ancien copain anglais ; je goûte ces moments de bonheur intense. Je me sens prêt à risquer à nouveau l’amour, même si j’ai peur de tout perdre à nouveau.

La séance se termine. J’interroge ma thérapeute sur la séance, comme pour me rassurer qu’elle ne me prend pas pour un fou ou un illuminé. Tout simplement, elle me répond : « Vous n’êtes pas mon premier patient chez qui cela arrive ».

Lors de la deuxième séance EMDR, je suis projeté dans une steppe sibérienne. Le climat est froid. La nature est rude. Il y a des guerres continues entre tribus. Je suis un guerrier. Je vois beaucoup de sang, des têtes coupées. Je suis coupé de mes émotions, je n’ai pas d’état d’âme car cela me mettrait en danger.

En revenant dans le moment présent, je ressens physiquement cette armure qui me couvre le thorax. C’est comme un encerclement en fer qui me ferme le cœur. L’armure se coupe alors en deux. Elle tombe par terre. J’ai une épée dans ma main gauche. J’ai envie de la lâcher. Vraiment, je n’ai plus besoin de guerroyer. Cette vie-ci m’est donnée pour apprendre à goûter le bon, le beau, la joie, le plaisir.

Lors de la troisième séance EMDR, j’aborde des situations où je me suis senti abusé.

1ère image : je suis une femme en train de pleurer toutes les larmes de mon corps… Je finis par devenir quasi aveugle tant le sel de mes larmes me ronge les yeux. Je ne veux plus voir ce qui me fait tant souffrir.

2ème image : une vieille femme qui ressemble à une sorcière. Elle vit seule dans la forêt. Elle travaille avec les forces de la nature. Un arc-en-ciel apparaît. La forêt se couvre de magnifiques couleurs.

3ème image : je me vois plein de boue sur les bras, sur les jambes. C’est comme du pétrole. Cela s’enflamme mais le bout de mes membres ne brûle pas. C’est ma carapace qui brûle. Je vois ensuite une chaîne à mes pieds. Je suis un esclave.

4ème image : je suis projeté dans une galère grecque ou romaine. Je rame, je rame. C’est dur, j’ai soif. Je me sens complètement enfermé. Je n’ai pas d’autre issue que la mort. Mon seul réconfort, ce sont mes compagnons d’infortune.

5ème image : je me vois sur le pont d’un bateau. Peut-être 19ème ou 20ème siècle. Je suis marin. Je m’éclate bien sexuellement. Il y a de la tendresse et de l’affection avec mes compagnons de navigation. La question des femmes ne se pose pas. Il n’y en a pas…

6ème image : un guerrier apparaît puis fait place à une autre image. C’est un troubadour. Je divertis les seigneurs dans les châteaux du Moyen-âge. Je sens cette dualité en moi entre deux hommes : le guerrier, lourd et armé, et le troubadour, léger et espiègle.

Après cette séance, je n’ai plus aucun doute. Je vis une phase régressive. Ces images, ce sont des réminiscences de vieilles, très vieilles mémoires. Ce n’est pas uniquement mental, mon corps et mes émotions en témoignent. Mais pourquoi tout ceci ? Quel sens ?

Lors de la quatrième séance EMDR, je travaille à nouveau l’abus, un domaine qui, manifestement, est récurrent chez moi. Par rapport à ces images qui montent, je fais le lien avec des périodes de ma vie actuelle.

Sur mon adolescence : je suis bloqué par un secret. Je ne peux rentrer dans ma peau d’adolescent. C’est trop dangereux car je devrais alors entrer en contact avec mes pulsions homosexuelles. Je refuse mon identité d’ado. Je préfère jouer le père de famille à la maison et l’assistant du prof à l’école. Je m’enferme dans un mur de silence.

Sur mon homosexualité : je suis jugé par un tribunal anglais pour homosexualité et condamné. Je me sens alors impuissant, incompris, ne sachant plus où est ma place, honteux. Je rejette cette homosexualité qui m’a fait tout perdre. Karma en retour : cette vie présente où je dois l’assumer.

Sur la période d’avant la naissance : je me retrouve dans une sorte de grotte. Je vois juste une petite ouverture de lumière. Je suis dans le ventre de ma mère. Je me sens enfermé dans la matière. C’est à contrecœur que je suis là. Je ne veux pas vraiment revenir dans ce monde difficile et compliqué.

À la fin de la séance d’EMDR, j’ai la conscience claire que l’âme est immortelle, qu’elle transcende les frontières illusoires du temps. Seule la forme physique change de vie en vie. Je ressens l’infini, un nombre illimité de vies, d’expériences. Je sors de chez ma thérapeute avec le tournis.

« L’âme, dans son corps présent, traverse l’enfance, la jeunesse, la vieillesse ; après celui-ci, elle revêtira de même d’autres corps. Le sage ne s’y trompe pas. » — La Bhagavad-Gîtâ

À la cinquième séance EMDR, nous abordons ma bisexualité. Le sujet s’élargit à la dualité, au conflit entre deux polarités. Je vois un combat entre un diable et un ange. Aucun des deux n’arrive à prendre le dessus sur l’autre. Une voix me dit : « c’est le lot de votre monde ». Tous deux se repoussent avec les mains. Une grande lumière se dégage. Le diable fusionne alors avec l’ange. Cela devient une comète.

À la sixième séance, nous abordons le thème des parents. À la fin de la séance, je me sens libre, totalement libre de mes parents et de mon passé. Je peux évoluer en fonction de qui je suis et non en fonction de ce qu’ils sont. Je sors de la séance avec un bonheur profond.

Lecture de vie antérieure donnée par un médium

Ma thérapie EMDR m’a fait vivre des régressions qui peuvent expliquer certaines épreuves de ma vie actuelle. J’ai toutefois encore un doute. Ces régressions ne sont-elles pas uniquement le fruit de mon imagination ? Je veux en avoir le cœur net. Je prends contact avec un médium sur Lyon. Elle travaille dans la lignée d’Edgard Cayce, médium américain chrétien du début du 20ème siècle. Je ne donne que mon nom, mon prénom et ma date de naissance. Rien de plus. Trois semaines plus tard, le médium m’envoie cette lecture de vie :

Vous avez eu 15 vies en homme et 18 en femme.

Celle qui influence le plus votre vie actuelle est une vie passée en Allemagne dans les années 1900. Vous étiez un homme, un brave cultivateur de Westphalie et votre vie était toute tracée. Vous aviez épousé une jeune fille de votre hameau et vous vous occupiez de votre ferme, mais la guerre de 1914 est venue et vous avez été incorporé dans l’armée de terre. Vous vous êtes retrouvé dans les tranchées en Champagne.

Vous en avez réchappé et vous êtes rentré chez vous, bien que très atteint physiquement et psychiquement. Vous étiez devenu paranoïaque. Votre femme vous a quitté finalement, car elle commençait par avoir peur de vous. Vous vous êtes suicidé d’un coup de fusil après avoir mis le feu à votre ferme.

Le but de votre incarnation et votre vie actuelle : vous êtes venu dans cette vie pour apprendre à envisager la vie autrement que comme une punition et une épreuve douloureuse. Travailler à plusieurs sur un projet commun serait un grand bien pour vous et aiderait à guérir votre âme meurtrie.

Un esprit rationnel me dirait que cette lecture médiumnique est pure arnaque. Pourtant, différents éléments la rendent plausible. En 1999, je suis ému par la guerre du Kosovo et je réfléchis à la mise en place d’une association humanitaire dont l’objectif serait d’accompagner les traumatismes de guerre. Dans cette vie, je n’ai jamais vécu de guerres ni n’ai souffert de guerres. En 2001, je vis une régression lors d’un stage résidentiel sur la naissance. En 2005, lors de la première séance de thérapie EMDR, des images de guerre surgissent du néant, sans aucun lien avec ma vie actuelle.

Le jugement…

Suite à la lecture de vie antérieure, je demande à ma thérapeute une dernière séance EMDR. J’ai l’intuition qu’il manque encore une pièce au puzzle.

J’écris dans mes notes :

« Je revois la scène des tranchées. Devant moi, le corps d’un ami cher. Ma seule part d’humanité durant cette guerre vient de partir. Je me sens seul au monde. Quelque chose en moi est mort en même temps que cet ami. Mon être s’anesthésie. Je ne veux plus sentir, cela fait trop mal. Je combats maintenant comme une machine, mécaniquement, sans émotions. »

En voyant ces images, je me questionne : « Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Quelle dette karmique dois-je payer ? ». En réponse à ma question, viennent alors des images qui surgissent d’un passé encore plus lointain, peut-être l’antiquité. Un soldat marche dans une allée parsemée de croix. Sur ces croix, il y a des cadavres, crucifiés, carbonisés.

Cette scène semble indiquer que je suis un chef soldat. Il s’agit d’un soldat qui a rempli son devoir, qui a exécuté les ordres. Ensuite, ce soldat ne peut plus trouver le repos. Une culpabilité profonde l’envahit. Il se dit qu’il ne mérite plus de vivre après cela. Il prononce un jugement sans appel sur lui-même : « Coupable, tu es coupable ! ». Ce jugement le suit de vies en vies. Il choisit des vies pour se punir.

« Vous êtes votre propre juge. Tous vos péchés ont été absous ; mais êtes-vous capable de vous pardonner vous-même de ne pas avoir agi comme vous l’auriez dû ? Voilà en quoi consiste le jugement. » — Kalsan Yeshi, cité dans Le Livre tibétain de la vie et de la mort, Sogyal Rinpoché

Serait-ce donc ce jugement qui me poursuivrait de vie en vie, jugement semé au plus profond de mon âme ? Le jugement ne viendrait donc pas de Dieu. Il serait le résultat d’un choix de mon âme, d’une condamnation personnelle.

Dieu ne juge pas

Je peux maintenant quitter cette image du Dieu qui juge, qui punit, qui châtie. Quoi que je fasse dans cette vie ou que j’aie fait dans une vie antérieure, le soleil continuera à briller, je pourrai encore respirer, les arbres m’offriront encore leurs fruits. Cet amour inconditionnel est inimaginable pour le simple mortel que je suis. Ce n’est donc pas Dieu qui s’éloigne de l’homme, c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu par culpabilité.

« Ceux (…) qui prennent en moi leur refuge, fussent-ils de la pire origine (….), ceux-là même atteignent le but suprême. » — Bhagavad-Gîtâ

Si, de sa propre initiative, mon âme a prononcé ce jugement contre elle-même, cela signifie qu’elle seule a la possibilité de le lever. La levée de ce jugement ne viendra pas de Bouddha, de Krishna, d’Allah ou du Christ. C’est à moi à lever la condamnation.

« Tu es le seul et unique responsable de ton esclavage. Toi et personne d’autre ! (…) Ton seul libérateur, c’est toi ! » — Wilhelm Reich, Écoute, petit homme !, Payot & Rivages

Je relis alors avec une nouvelle conscience ce passage de l’Évangile de Saint Mathieu (18:18) : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié ».

Une toute nouvelle étape sur mon chemin de guérison démarre : celle du pardon. Pardon non pas dans le sens de « réparation », ce qui est encore lié à une idée de jugement, mais pardon dans le sens « réconciliation ». Me réconcilier, c’est recréer le lien avec moi-même, avec les autres, avec Dieu.

Au cœur de ma névrose

Je prends conscience que ma personnalité s’est construite sur l’axe jugement-culpabilité, axe trouvant sa source dans les couches les plus profondes de mon inconscient. C’est sur cet axe que mon ego a bâti son monde d’illusions. Je commence alors à observer attentivement toute pensée et comportement lié au jugement ou à la culpabilité. L’observation neutre et systématique de tout ce qui émerge en moi va me permettre progressivement de stopper le processus à sa racine.

Le choix de la souffrance ou le choix de la réparation

Suite à cette découverte, je continue ma réflexion. Je me demande quel pourrait être le choix d’une âme face à une action karmiquement négative commise dans une vie passée. Selon moi, l’âme a deux choix : soit elle choisit d’endurer la même souffrance qu’elle a infligée à autrui, soit elle décide de se consacrer à une activité qui permettra de soulager les mêmes maux infligés à autrui.

Dans le film « Gandhi », de Richard Attenborough (1982), il y a un passage où musulmans et hindous s’affrontent avec violence. Gandhi commence alors une grève de la faim pour forcer les belligérants à déposer les armes. Alors que Gandhi est allongé sur sa couche, affaibli par le jeûne, un hindou vient le voir. Il est désespéré. Envahi par une rage incontrôlable, il venait de fracasser la tête d’un enfant musulman contre un mur car les musulmans avaient tué son propre enfant. Gandhi le regarda fixement et lui dit : « Il y a un moyen de sortir de l’enfer. Choisis un enfant musulman orphelin. Tu l’éduqueras comme ton fils mais… selon la religion musulmane ».

Entre ciel et enfer

Dans ce voyage intérieur, il est difficile de revenir à la réalité habituelle, de se préoccuper des petites tâches quotidiennes. Mais ce passage doit être fait. Mes finances ne sont pas brillantes. Et pourtant, je ne manque de rien. La Providence semble y veiller même si mon mental crée le doute et la peur.

Un soir, je suis assis sur le lit, en colère. Je dis à Dieu : « va te faire foutre, pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi le chemin est-il si dur ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? ». La même nuit, j’ai ce message en rêve : « ne laisse pas les évènements avoir du pouvoir sur toi ».

Quelques jours plus tard, je vais passer l’après-midi dans un sauna gay. Je rencontre Eric. Nous n’échangeons aucun mot. Ce n’est pas de sexe dont j’ai besoin. Je me blottis dans ses bras. Je me sens protégé, sécurisé. C’est doux et agréable. Je lui parle sans mot, du fond de mon cœur. En même temps, je m’adresse à tous ces hommes que j’ai rencontrés… Je leur demande pardon. Pardon de ne pas avoir pu ouvrir mon cœur. Pardon d’être passé à côté.

Pendant plusieurs semaines, je vis d’importants troubles de concentration. Je me sens brumeux, englué dans un épais brouillard. Les pensées les plus folles, les plus tordues et les plus abjectes me passent par la tête. Parfois, j’ai l’impression de devenir fou. Je prie alors Dieu, je demande de l’aide.

Un soir, je m’offre une séance de massage sensitif. Durant le massage, j’ai le sentiment que quelque chose est en train de mourir en moi. Je ne résiste pas. Je me laisse aller. Mon attention se porte alors sur les paroles de la musique de fond : « Si tu es encore vivant, c’est que tu n’as pas encore terminé ta mission sur terre ». Lorsque je sors de la séance, je ressens au plus profond de moi une sensation d’éternité. Je sais maintenant que je ne peux mourir. Mon âme ne peut mourir. Ma vie est seulement une des perles d’un collier infini. Elle est éternelle.

« Le secret de la vie, c’est de « mourir avant de mourir » et de découvrir que la mort n’existe pas. » — Eckhart Tolle, Le pouvoir du moment présent, Ariane

Enfin une ouverture vers la paix…

Lors du passage de l’année 2006-2007, je participe à un atelier résidentiel sur la danse des cinq rythmes. Nous sommes un groupe d’une quarantaine de personnes. Pendant plusieurs jours, nous entrons dans le mouvement spontané du corps sur fond de musique.

Je commence le stage avec une tristesse que je commence à bien connaître. Elle est devenue une amie fidèle. Dans la danse, je me laisse aller complètement à cet état d’âme, je ne résiste pas, je fais un avec. Plongé dans cette atmosphère durant plusieurs jours, je vis des moments de grâce, des incursions dans l’absolu. Les seuls mots qui montent alors : « rien que cela », « je ne veux rien d’autre », « tout est là ».

Dans les semaines qui suivent, je suis dans une paix profonde. Dans mon thorax, à la place de cette brûlure que je connais bien, je ressens maintenant une chaleur apaisante. Je vis dans une douceur paisible, sans mot véritable pour la décrire. Le vent qui caresse le feuillage des arbres, je le vis à l’intérieur comme le souffle de l’Esprit.

Un soir, j’écris :

« C’est le printemps. Je reviens de mon cours du soir en psychologie. Il est 20h30. Le ciel est un peu clair. La lune et les étoiles sont bien visibles. Je suis assis sur ma petite terrasse. J’ai allumé une bougie que j’ai déposée sur la table. Je sens l’odeur fruitée de la glycine du jardin d’en face. Tout est si simple… Dans le silence du soir, le chant du coucou prend une dimension extraordinaire. Juste cela… ce chant du coucou… »

Redécouverte de mes racines chrétiennes

Dans une bibliothèque, je découvre un livre assez épais intitulé le « Livre d’Urantia ». Le chapitre III du livre relate la vie et les enseignements de Jésus. En 1992, suite à ma révolte contre le catholicisme, j’avais enfermé le crucifix dans mon armoire. Bien des années plus tard, voilà que je tombe « par hasard » sur un livre alternatif relatant l’histoire de Jésus-Christ. Je découvre un Jésus humain, incarné, vivant, authentique. Sa mission est de libérer et non pas d’enchaîner ou de juger l’homme. C’est loin du Jésus de ma jeunesse. C’est un premier pas dans ma réconciliation avec le christianisme.

Oser vivre l’oiseau sauvage en soi

Fin de l’été, j’ai la chance de découvrir la Corse. Que le monde est beau. Un matin, j’observe une troupe d’oiseaux qui mangent les miettes des repas laissés par les touristes. Le lendemain, au cours d’une excursion en bateau, mon attention se porte sur le vol des oiseaux sauvages. En contraste avec les oiseaux de la veille, ceux-ci chassent pour trouver eux-mêmes leur nourriture, ce qui les a rendus plus forts et plus alertes.

Je me pose alors la question : quel genre d’oiseau souhaites-tu être : un oiseau sauvage ou un oiseau domestique ? Un oiseau qui place sa confiance dans les touristes pour se nourrir ou alors un oiseau qui fait confiance à la nature, à ses propres forces ? La société de consommation actuelle essaye de me convaincre que j’ai besoin d’elle pour me nourrir, qu’elle assurera mon confort et ma protection, que je suis incapable de me débrouiller par moi-même. En contraste, j’entends des profondeurs de mon âme : « liberté, foi, espérance, confiance ».