Pourquoi le monde souffre-t-il ? Une réponse spirituelle pour les jeunes en quête de sens



Tu regardes autour de toi et tu ne comprends pas ces violences que les hommes s’infligent entre eux, aux animaux ou à la planète. Tu sens la souffrance de tes proches, des animaux, de la terre — et cette souffrance devient ta souffrance. Tu te dis que tout pourrait être si simple avec un peu plus d’amour, plus de tolérance, plus de respect. Tu te demandes ce que tu viens faire dans un tel monde.

C’est pour toi que j’écris ces lignes.

Je me suis moi-même posé beaucoup de questions sur le sens de ma vie. Suite à un choc à l’âge de 24 ans, j’ai commencé à me questionner sur qui j’étais vraiment. J’ai d’abord cherché des réponses dans des livres — des ouvrages de psychothérapie et de spiritualité. La page Lectures de ce site reprend beaucoup d’auteurs qui m’ont inspiré. Par la suite, j’ai commencé un véritable travail d’introspection via la thérapie et la méditation zen (voir mon témoignage — Livre 1).

Progressivement, ce travail intérieur m’a permis de donner un sens à ce monde. Je te partage les grandes lignes ci-dessous. Je ne prétends pas que ce soit la vérité. À toi de sentir et de prendre ce qui te parlera.

La terre est une école

La Terre fait partie d’une galaxie qui compte entre 100 et 400 milliards de planètes. Notre galaxie n’est qu’une parmi 200 milliards dans l’univers observable. Imaginer que cet univers n’existe que pour nous — grain de sable dans l’immensité — me fait sourire. Je ne doute pas qu’il soit peuplé de nombreuses civilisations, à des stades d’évolution très divers.

Le livre The Golden Lake retrace l’histoire de la conscience humaine à travers ses multiples origines stellaires : la Lyre (Lyra), considérée comme le berceau originel de notre lignée d’évolution, puis Véga, les Pléiades, Orion, Sirius et d’autres encore.

Chaque monde a un niveau de conscience différent et fait face à des défis distincts. L’intérêt est de comprendre les choix posés par chaque civilisation et leur impact sur le long terme.

Les âmes, dont nous sommes, s’incarnent dans l’un ou l’autre monde selon ce qu’elles veulent apprendre et développer. La Terre est un monde difficile. Néanmoins, elle est réputée être une école de haut niveau — offrant des possibilités d’apprentissage et de croissance rares, surtout à notre époque de grande transition (voir Le Kali Yuga). Certains enseignements disent que la liste d’attente pour s’incarner sur Terre est longue.

Le bonheur

Le bonheur revêt différentes formes, sur Terre et sur d’autres mondes. Lors de mes expériences psychédéliques — qui feront l’objet du Livre 2 — j’ai vécu des « extases » qui n’ont rien à voir avec le bonheur tel qu’on l’entend ici. Ces états appartiennent à d’autres dimensions, à d’autres niveaux de conscience. L’être humain, à son niveau de conscience actuel, n’est pas apte à supporter de telles énergies d’extase dans le quotidien.

Dans la biographie de Sri Ramakrishna, Romain Rolland décrit les extases que ce maître vivait en état de Samadhi :

« L’ouragan de l’Esprit passait sur ce corps de chair et le brisait. Durant des années, l’extase fut pour Ramakrishna une agonie physique autant qu’une félicité suprême : la peau brûlait comme un brasier, le sang suintait parfois des pores, et le cœur suspendait ses battements. La machine humaine croulait sous le poids formidable de l’Infini, frôlant à chaque instant la destruction totale. »

— Romain Rolland, La Vie de Ramakrishna

Ramakrishna était un être capable d’intégrer de telles énergies en lien avec sa mission d’incarnation. Mais il ne pouvait vivre continuellement ces états. L’extase n’est pas l’objectif premier de l’incarnation terrestre. Dans l’incarnation, nous choisissons des épreuves pour nous y confronter et apprendre — comme des examens que nous choisissons de passer pour atteindre une conscience plus haute. Cela n’empêche pas de goûter aux petits bonheurs et aux plaisirs du quotidien. Dans un cursus scolaire, il y a aussi des congés.

La diversité terrestre

Chaque monde obéit à des règles différentes. Sur certains mondes, la règle est l’uniformisation des individus — plus aucun conflit, mais plus aucune diversité. Sur Terre, la diversité est partout : dans le règne minéral, végétal, animal, et humain. L’humain aurait été ensemencé par de très hautes civilisations, et l’ADN humain aurait subi des modifications liées à diverses interventions.

La diversité s’observe aussi dans les niveaux de conscience humains. Certains êtres viennent juste de sortir du règne animal pour entrer dans le règne humain, ce qui expliquerait des conduites instinctives très fortes. C’est ce qui rend la communication entre humains si difficile. Chacun vit dans un univers intérieur différent. Mais cette confrontation peut aussi devenir une richesse — elle enseigne l’écoute, la tolérance, la patience, le respect.

Où trouver l’unité dans la diversité ?

Ce fut une question pour moi pendant très longtemps. J’ai compris que l’un n’allait pas sans l’autre. Je ne peux trouver mon unité que lorsque je suis baigné dans cette diversité. Selon ma conception, nous sommes tout d’abord un — c’est notre nature primordiale, unique, immuable. C’est la conscience. Lorsque nous nous incarnons, nous entrons dans un monde de la dualité marqué par les contraires : oui/non, bien/mal, vrai/faux. Même notre corps physique reflète cette dualité : deux yeux, deux oreilles, deux bras, deux jambes. La dualité est le moteur de l’apprentissage. J’apprends l’amour en côtoyant la haine, j’apprends le courage en me confrontant aux défis, j’apprends la tolérance en me confrontant à l’intolérance.

La réincarnation

La réalité de la réincarnation ne fait pour moi aucun doute. Comment Mozart aurait-il pu devenir Mozart sans les compétences acquises au fil de nombreuses vies antérieures ? La nature serait-elle si injuste qu’elle donnerait des compétences à l’un et pas à l’autre ? Non. Le bouddhisme et l’hindouisme intègrent la notion de réincarnation. Certains passages de la Bible le donnent aussi à penser :

« « Je vous dis que Élie est déjà venu, et qu’ils ne l’ont pas reconnu […] » Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean-Baptiste. »

— Matthieu 17:12-13

Dans ma thérapie, j’ai recontacté des vies antérieures — ce qui m’a permis de comprendre ce que mon âme avait besoin de travailler dans cette vie. J’ai vécu des vies de guerre, de pertes, d’abandons. Des vies choisies par culpabilité d’actions passées. Revenir sur Terre était donc risqué. Mais je voulais y revenir justement pour sortir du bourbier dans lequel je m’étais moi-même enfermé. Voir Livre 1 — « Le fils de Dieu n’est pas coupable ». Il n’y a pas de Dieu qui punisse. Nous créons notre propre réalité en fonction de mémoires passées et de nos choix. Il est important de préciser qu’il est d’abord nécessaire de travailler sur sa vie actuelle avant d’aller fouiller les poubelles des vies antérieures.

L’histoire de la Terre

Notre histoire humaine se réduit-elle à 10 000 ans ? Platon parlait de la civilisation précédente : l’Atlantide.

« En ce temps-là, on pouvait traverser cette mer [l’Atlantique]. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez les Colonnes d’Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies… Mais, dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une nuit terribles, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un coup sous la terre, et l’île Atlantide s’abîma de même dans la mer et disparut. »

— Platon, Le Timée, 24e – 25d

Croire que l’histoire de la Terre, qui se compte peut-être en milliards d’années, n’a porté que la civilisation humaine actuelle est bien réducteur. Les mythes et les contes parlent de ces civilisations anciennes. La Genèse mentionne également l’époque des géants sur Terre :

« Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, et aussi après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans l’antiquité. »

— Genèse 6:4

René Emmanuel évoque la Lémurie et l’Atlantide et retrace la grande fresque de l’involution spirituelle — ce processus où l’âme délaisse sa subtilité originelle pour s’enfoncer dans la densité. Cette plongée dans la matière serait le passage obligé pour que la conscience humaine s’individualise et acquière son libre arbitre. Et peut-être est-ce cela la mission première de l’Adam primordial : l’âme collective source humaine, descendue progressivement dans la matière pour expérimenter et maîtriser la liberté.

La grande transition terrestre

Peut-être cet Adam Primordial dont nous faisons partie a-t-il décidé de passer à un stade supérieur de conscience. Ce serait notre époque actuelle. Après avoir expérimenté l’individualité à l’extrême — le « Je » —, il aurait décidé de passer au « Nous » : cet état où la conscience intègre la dimension de l’autre et prend profondément conscience de l’impact de ses actes sur les autres.

Michael Laitman, grand kabbaliste, enseignait que le collectif humain devait d’abord expérimenter l’égoïsme en profondeur avant de pouvoir s’ouvrir à l’altruisme. Ce serait le passage obligé du « je » égoïste au « nous » altruiste. Il appelle ce passage le passage de la conscience de récipient à la conscience de donateur — l’entrée dans la ressemblance avec le Créateur, qui donne sans recevoir. Alice Bailey, dans La conscience de l’atome (1921), décrivait la même loi d’évolution, applicable à l’atome comme à l’être humain : une première phase d’individualisation — l’être s’autodétermine, se distingue, s’affirme — puis une seconde phase où cette même énergie se retourne vers le groupe. Non pas pour s’y dissoudre, mais pour s’y relier consciemment.

La conscience du « nous », c’est être conscient de l’impact de mes pensées, de mes paroles et de mes actes sur les autres. Il ne s’agit pas d’effacer l’individualité pour se fondre dans le collectif — il s’agit d’être à la fois dans le « je » et dans le « nous » : rester un individu pleinement incarné, capable de sentir l’impact de ses paroles et de ses actions sur le monde extérieur.

« À l’heure qu’il est, nous sommes dans une période de transition où les deux s’enchevêtrent : l’ancien persiste, encore tout-puissant, continuant à dominer la conscience ordinaire, et le nouveau se faufile, encore très modeste. La clé de l’énigme n’est pas l’ascension de l’homme au ciel mais sa descente ici-bas dans la descente de l’Esprit dans son humanité ordinaire, une transformation de la nature terrestre ; c’est cela que l’humanité attend, une naissance nouvelle qui couronnera sa longue marche obscure et douloureuse. »

Sri Aurobindo

Nous sommes donc à un carrefour : le passage à une nouvelle conscience où les êtres humains apprendraient à vivre ensemble en se respectant dans leur diversité. C’est en terminer avec les guerres fratricides et entrer dans une ère de paix. Nous participons tous à ce changement de conscience. C’est un moment rare — la fin d’un très long cycle et le début d’un tout nouveau cycle. Et tu es là aussi pour cela.

Le mental humain encore en construction

L’être humain est composé de plusieurs corps. En résumant : le corps physique, le corps émotionnel et le corps mental. Le corps physique aurait été achevé à l’époque lémurienne. Le corps émotionnel à l’époque atlante. Le corps mental fait l’objet de l’époque actuelle, dite « époque aryenne ».

Le corps mental, n’étant pas encore achevé, est fragile. Il est encore divisé entre inconscient et conscient. Lorsque le travail sera terminé, il sera unifié. C’est pourquoi il y a tellement de souffrances mentales actuellement : toute la sphère de l’inconscient remonte à la conscience en vue de cette unification. Cela peut être douloureux — nous sommes obligés de regarder en face ce qui était caché. C’est le cœur du travail décrit par C.G. Jung : l’intégration de l’ombre.

D’autre part, toutes ces « attaques » extérieures sur le mental humain — pensées difficiles, agitation, bruit permanent — auraient pour but de rendre le mental plus fort, plus alerte. Le mental apprend à construire ses propres défenses. Il doit passer de l’enfance à l’âge adulte. Lorsque les trois corps seront achevés, peut-être sera-ce alors l’ère de l’homme nouveau.

D’où viens-tu ?

Dolores Cannon a parlé des trois vagues de volontaires : des êtres venus de civilisations plus avancées qui auraient accepté de s’incarner comme humains pour aider l’humanité à transiter. Certains de ces volontaires n’auraient jamais expérimenté le monde terrestre — d’où la difficulté de le comprendre. Comment aider à la transition ? Pas en essayant de « sauver » le monde, car il n’y a rien à sauver. Simplement en montrant l’exemple. En manifestant à l’extérieur les valeurs profondes du « nous ».

Le plus compliqué est que, lorsque nous nous incarnons, nous perdons la mémoire de nos origines. Il faut parfois un choc pour que la mémoire revienne — pour nous rappeler d’où nous venons et le motif de notre décision de nous incarner ici. Imaginons ces volontaires qui viennent de mondes lumineux et paisibles et descendent dans le brouillard et le chaos. Il y a de quoi être déboussolé.

Ma perception est que beaucoup d’êtres qui s’incarnent actuellement sur Terre viennent de mondes plus avancés. Ils ont choisi de s’incarner à ce moment critique. L’époque actuelle est très particulière : l’humanité est à un carrefour. Les choix que nous ferons aujourd’hui auront un impact sur un avenir lointain. Rien n’est joué. C’est pourquoi il est si important de « se réveiller » et de montrer l’exemple. Pas sauver le monde — juste laisser notre lumière briller.

Une question revient souvent : pourquoi ces civilisations avancées n’interviennent-elles pas pour remettre de l’ordre ? La réponse tient en une loi universelle de non-intervention — une civilisation évoluée n’interfère pas dans le développement d’une plus jeune. Elle peut observer, parfois inspirer, mais elle ne se substitue pas. Néanmoins, avec la découverte de l’énergie nucléaire, il y a probablement eu des interventions discrètes pour éviter l’irréparable. Nous sommes encore des enfants qui ont découvert le feu et ne savent pas encore l’utiliser de manière responsable. Ce n’est pas un jugement — c’est simplement là où nous en sommes dans notre évolution collective. Et c’est précisément pourquoi cette époque est si décisive.

Comment faire quand c’est trop lourd ?

La vibration terrestre n’est pas très élevée actuellement, ce qui peut entraîner des douleurs physiques, émotionnelles ou mentales intenses — surtout chez ces « volontaires ». Comprendre le sens peut déjà aider. Mais nous sommes aussi venus avec du matériel intérieur auquel nous pouvons nous connecter. Nous pouvons demander de l’aide. Des guides, des êtres de lumière, sont là et peuvent aider — à condition que nous le demandions.

J’ai moi-même trouvé beaucoup de réconfort dans la prière et lors de méditations collectives. Le rassemblement avec d’autres en communion nourrit et participe à la grande transition de la conscience. Seul, c’est plus difficile. Ensemble, c’est plus léger. Il s’agit donc de résister à tout ce qui nous pousse actuellement à nous isoler les uns des autres.

Sri Aurobindo disait que les pensées venaient de l’extérieur. J’en ai la conviction. Nous ne sommes pas nos pensées. Les pensées viennent à nous en lien avec la loi de résonance — qui met la connexion sur une peur, une fragilité ou un point d’intérêt. Cela agit comme un aimant pour ces formes-pensées.

Comment faire avec ces pensées parfois très noires qui tournent en boucle ? Pour celui qui parvient à discipliner suffisamment le mental, c’est d’observer ces pensées qui arrivent et de ne pas les laisser entrer en soi. Une autre technique consiste à quitter la sphère mentale et à descendre au niveau du cœur. Pour moi, le plus grand thérapeute, c’est le chakra du cœur. Mais encore faut-il le soigner pour qu’il puisse devenir lui-même le guérisseur central.

Un mot sur les tendances suicidaires. J’ai moi-même traversé des moments dépressifs si durs que j’ai pensé à mourir. J’ai compris que ce qui devait mourir n’était pas le corps physique, mais les vieilles mémoires, les vieux programmes intérieurs ou les fausses croyances sur nous-mêmes. Le suicide ne résout rien. Passé de l’autre côté, la souffrance demeure. Et même encore plus difficile à traiter, car nous n’avons plus le corps physique pour transformer la douleur psychique. Un livre important sur ce sujet : Rupture de contrat : message des suicidés au monde des vivants d’Anne Givaudan. Si tu traverses une telle période, parle-en à quelqu’un. Tu n’as pas à le porter seul.

Courage et espoir

Pour moi, ce sont les valeurs clés de la période actuelle. Garder espoir pour l’avenir et courage dans l’épreuve. Continuer à avancer dans la nuit, tout en ayant foi que cela ne durera pas éternellement. Comprendre que c’est un passage, une transition. C’est comme passer un tunnel qui mène d’un monde à l’autre.

Voir aussi la fiche Le Kali Yuga sur ce site — qui donne des repères sur le cycle que nous traversons et son horizon.

La finalité de l’être humain

À quelle fin tout cela ? Il y a de nombreuses années, je suis tombé par hasard sur un livre dans une librairie ésotérique. Il parlait de la finalité spirituelle de l’homme : incarner une nouvelle hiérarchie fondée sur la liberté. Je n’ai jamais pu retrouver cet ouvrage, mais cette idée ne m’a pas quitté.

Dans la Genèse, Adam et Ève quittent le jardin d’Éden après avoir goûté au fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Ce récit mythologique dit quelque chose de profond : cette « chute » n’est pas une punition, c’est un départ. Le début d’un voyage pour incarner la liberté consciente. Pour apprendre la liberté, il faut traverser toutes les facettes du choix et de ses conséquences. On ne peut être libre sans pouvoir choisir. Et le choix implique la possibilité de se tromper.

C’est pourquoi un Dieu d’amour permet les horreurs du monde — non pas par indifférence, mais parce qu’Il a permis ce chemin de la liberté. J’aime l’histoire du Grand Inquisiteur racontée par Dostoïevsky. Tout est dit dans cette histoire. Il n’est pas facile de vivre cette liberté qui implique aussi des responsabilités. Il est si facile de déléguer notre souveraineté à une autorité extérieure.

L’enjeu de la transition actuelle : continuer à rester dans une posture d’enfant sans discernement et attendre que le parent décide pour nous — ou passer à l’âge adulte, prendre sa vie en main et poser des choix souverains. C’est pour moi le plus grand défi de notre époque : sortir de l’enfance pour entrer dans l’âge adulte.

Si l’humain arrive à incarner cette liberté, il reflètera une dimension rare dans cet univers : la liberté de choisir, en conscience, en être responsable.

La conscience : ta vraie nature

Ferme les yeux. Bouche-toi les oreilles. Tu ne vois plus, tu n’entends plus. Mais tu es toujours là — conscient d’exister. C’est tout. Et c’est essentiel. Cette présence qui reste quand tout s’efface, c’est ta vraie nature. Les Upanishads l’appellent Ātman — le Soi pur, indestructible, qui n’est ni le corps, ni les pensées, ni les émotions. Ramana Maharshi passait sa vie à pointer vers cette réalité simple : « Tu es déjà ce que tu cherches. »

Ce qui se projette à l’extérieur à travers nos cinq sens n’est que le film — un décor qui bouge et change. C’est la maya, l’illusion, dont parlent les traditions védantiques. Nous nous identifions au décor, alors que nous sommes la conscience qui l’observe.

Nos cinq sens nous tournent vers l’extérieur. Mais il existe un autre canal, tourné vers l’intérieur — celui qu’empruntent la méditation, le silence et la prière contemplative. Cinq portes vers l’extérieur, une seule vers l’intérieur. Pas si facile de prendre ce chemin. Mais c’est le plus essentiel.

Chaque être humain possède une conscience — mais toutes les consciences ne couvrent pas le même champ. C’est comme un appareil photo : on peut travailler avec une focale courte, qui ne capte qu’une portion étroite du réel — son quartier, sa famille, ses intérêts immédiats. Ou on peut ouvrir au grand angle, et soudain la même réalité révèle une profondeur et une largeur insoupçonnées. Même scène, même lumière — mais un tout autre regard.

Imagine un hélicoptère. Au sol, il ne voit que ce qui est immédiatement devant lui. En montant, il embrasse progressivement des routes, des villages, des vallées entières. Plus il monte, plus la surface visible s’étend — sans que le sol ait changé d’un mètre.

Un problème peut être incompréhensible dans la petite focale et prendre tout son sens avec la focale élargie. Prenons la souffrance d’autrui. À un premier niveau de conscience, je peux la percevoir comme quelque chose que je dois résoudre — en endossant le rôle du sauveur, ce que j’ai moi-même très bien fait durant des années. Avec une focale plus large, je peux voir cette souffrance autrement : comme une situation que cette personne a appelée pour apprendre et grandir, comme un examen qu’elle a choisi à un niveau plus profond d’elle-même. Il ne s’agit donc pas de jouer au sauveur, mais simplement d’être présent à la personne qui traverse cette épreuve — sans chercher à la résoudre à sa place.

Le chemin des pionniers

Il y a un obstacle dont je dois parler : la difficulté du « chemin le moins fréquenté », comme dirait Scott Peck. La plupart des êtres humains choisissent l’autoroute et font comme tout le monde. Il y a néanmoins des êtres qui découvrent des petits chemins de traverse. Ils sortent de l’autoroute. Ils ne sont pas nombreux. Ils se heurtent à l’incompréhension des autres. Ils sont parfois complètement marginalisés.

Néanmoins, ils sentent l’appel et le suivent selon leur intuition. C’est la voie des pionniers. Petit à petit, par leur exemple, d’autres êtres quitteront l’autoroute pour les rejoindre. Et puis, un jour, il y aura assez d’êtres qui auront quitté l’autoroute pour qu’on décide de la fermer. Ce chemin de traverse devient alors une nouvelle autoroute qui incarne une nouvelle conscience. La théorie du 100e singe illustre ce propos.

Le chercheur de vérité peut aussi traverser l’épreuve de l’isolement. Il a l’impression de marcher seul dans le désert — incompris de ses proches, décalé dans ses conversations, étranger au monde ordinaire qui l’entoure. C’est un sentiment réel, et il ne faut pas le minimiser. Mais c’est un sentiment transitoire. Vient un moment où l’on est suffisamment connecté à sa vraie réalité intérieure pour que ce sentiment d’isolement se dissolve de lui-même. On n’a plus besoin d’être compris par tous — parce qu’on est enfin en accord avec soi-même. Et paradoxalement, c’est souvent à ce moment-là que les bonnes rencontres arrivent.

Et maintenant ?

  • Continuer à avancer, même dans la nuit
  • Comprendre que tout passe, même le difficile
  • Ne pas rester seul et isolé
  • Garder espoir et courage
  • Continuer le travail intérieur

Tu ne pourras prendre conscience de ta lumière intérieure que dans l’obscurité du monde. La lumière a besoin du noir pour être visible. Brille intérieurement et continue de marcher. C’est le plus beau cadeau que tu puisses offrir à ce monde en transition.